Une retraite dorée
8 mai 2007
Mais quel ordre allait donc accueillir le Président élu pour lui permettre d’accomplir la retraite que ce dernier et son entourage annonçaient? Allait-on découvrir après son élection que Nicolas Sarkozy, qui, alors ministre des Finances, s’était affiché avec un représentant scientologue de notoriété en la personne de Tom Cruise, dispose également de relais dans les milieux catholiques voire orthodoxes? Les amateurs de révélation en sont pour leurs frais: c’est, d’après capital.fr, sur le Paloma, un yacht appartenant à Vincent Bolloré, que Nicolas Sarkozy a choisi de se retirer. Il n’en fallait pas moins pour permettre à la famille présidentielle de prendre le repos du vainqueur. A sa disposition donc: un yacht de 60 mètres pouvant accueillir 12 passagers, 7 cabines (dont 3 doubles) et 17 membres d’équipage. L’homme d’affaires serait aussi le propriétaire de l’avion dans lequel son ami intime a fait le déplacement jusqu’à Malte.Sur le site de Nigel Burgess, spécialiste de la location de yachts, quelques photos donnent une idée du cadre dans lequel le Président élu «habite la fonction, prend conscience des charges qui pèsent sur épaules», depuis dimanche soir.
La France qui se lève tôt et à qui le candidat a promis qu’elle pourra à l’envi travailler plus pour gagner plus appréciera.
L’élection présidentielle 2007 aura réservé bien des surprises aux électeurs. Pour la première fois, un homme et à une femme restent en lice. Nicolas Sarkozy est de droite et Ségolène Royal de gauche. Tout les oppose donc: leur place sur l’échiquier politique, leur pensée, leur conception de la société et des rapports humains.Pour la première fois aussi, on a vu et entendu un candidat se poser en victime des agressions, non du camp de son adversaire, mais de son adversaire elle-même. Il est vrai que lui n’a attaqué personne personnellement. Non, ce sont ses lieutenantes qui s’en chargeaient, et aussi noblement que Michèle Alliot-Marie, qui a accusé la candisate socialiste de «changer d’idées comme de jupe». Mais, surtout, pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, un candidat présent au second tour a fait savoir que, quel que soit le résultat du scrutin, il se retirera pour effectuer une retraite spirituelle. Ainsi, s’il est élu et comme l’écrit Le Monde: «Aussitôt élu, aussitôt parti. Le possible président a fait savoir qu’il se retirerait, peut-être dans un monastère, “pour habiter la fonction, prendre la mesure de la gravité des charges qui pèsent désormais sur ses épaules, se reposer après le fracas de la campagne”» Un bel exemple que de prendre une retraite pour un candidat qui veut redonner du sens et de la valeur au travail. Un bel exemple qui plus est pour le Président d’une République laïque que d’aller prendre la mesure de sa charge dans un monastère.